Coralie Dénoues : le charme d’une gestion départementale engagée

Le 23/05/2022

La présidente du Conseil départemental des Deux-Sèvres, Coralie Dénoues, la plus jeune présidente de France, s'engage pour renforcer les liens entre la production agricole et l'assiette, celle des collégiens mais aussi de tous les citoyens de son territoire.

Une gouvernance plus collaborative

Lors de son élection en juillet 2021, Coralie Dénoues s’est engagée à « une gouvernance plus collaborative, plus moderne et moins patriarcale » sans se détourner des questions d’alimentation, de la production à la consommation, en particulier dans les collèges gérés par sa collectivité. « Nous nous devons d’avoir des cantines responsables pour participer à l’éducation des jeunes », déclare Coralie Dénoues, soulignant que cette éducation comporte l’équilibre alimentaire, la connaissance des produits alimentaires voire la reconnaissance des produits locaux.

Attachée au développement d’une économie alimentaire de proximité, la présidente insiste aussi sur la préservation de l’environnement ainsi que sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, « pas seulement à la cantine, mais pour tous les citoyens dans toutes les situations ».

Agir sur tout un territoire

Coralie Dénoues s’est engagée à agir sur tout un territoire, les Deux-Sèvres. Pour relever le défi des questions alimentaires, le département a mis en place en 2021 un projet alimentaire territorial (PAT) qui vise à développer cette alimentation de proximité, saine, durable et accessible à tous. « Dans un premier temps, ce PAT doit nous permettre de réaliser un état des lieux de la production agricole, artisanale, industrielle sur notre territoire, ainsi que des modes de consommation alimentaire en passant par la distribution. À partir de là, nous devrions pouvoir mettre en place les bons outils et les ressources adéquates afin d’accompagner au mieux les agriculteurs du département, tout comme les citoyens et nos élèves des collèges. C’est une façon de raccrocher le consommateur au producteur, de créer des liens avec le monde agricole, de sensibiliser nos citoyens à une bonne alimentation. »

Pour la présidente, la qualité alimentaire passe par la transparence et la traçabilité. « Il faut faire comprendre au consommateur comment mieux consommer. Nous avons un rôle pédagogique. » Et de souligner : « Le Département, c’est la bonne échelle en matière de politique alimentaire. » En particulier lorsque l’on a un département que l’on surnomme “La petite France agricole” en raison de sa richesse et de la diversité de ses produits alimentaires, de l’angélique aux fromages, en passant par les escargots et « les meilleurs pigeons, sans oublier depuis peu, les vins du Thouarsais ».

Pour la restauration collective voire la restauration commerciale, « ce PAT doit permettre de faciliter les achats locaux, l’accès aux circuits courts pour tous les chefs de restaurant. Une des clés est de repenser la logistique des circuits alialimentaires du département… » sachant que ce département bénéficie d’une expérience pionnière en matière de plateforme alimentaire à destination de la restauration collective.

La première plateforme de mise en relation entre producteurs et acheteurs

En 2011, sur ce territoire a été créé Résalis, la première plate-forme en France à mettre en relation directement les producteurs et les acheteurs du secteur de la restauration collective. « Cependant, avec ce système, nous avons identifié des freins. Résalis est devenu un groupements de producteurs autonomes avec lequel nous travaillons. Mais pour développer l’approvisionnement en produits locaux dans les collèges, nous avons mis en place en 2017 des aides financières incitatives. Un système souple adapté aux achats alimentaires dans les établissements et qui porte ses fruits puisqu’aujourd’hui on compte 47 % de produits locaux parmi les 1,8 million de repas préparés et servis chaque année dans les collèges publics. »

Et la présidente de préciser : « Pour les équipes de cuisine, c’est un vrai challenge de trouver les ressources, les bons produits locaux. C’est pourquoi nous devons accompagner au maximum les équipes de cuisine des collèges. Les circuits courts ne doivent pas être une contrainte, en particulier au regard de l’organisation des livraisons et du stockage ». Et pour soutenir ce travail d’approvisionnement, « nous réclamons de récupérer la gestion des achats alimentaires dans les collèges et donc d’intégrer les équipes de gestionnaires au sein de nos services.

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Chiffres clés

• 49 collèges : 36 collèges publics et 13 collèges privés

• 19 500 collégiens

• 280 agents départementaux dans les 36 collèges publics sont chargés au quotidien de la maintenance, de l’entretien, de la cuisine et de la propreté des établissements

• 10 millions d’euros d’investissement dans les collèges en 2022

• 13 000 demi-pensionnaires fréquentent les restaurants scolaires.

Laurent Terrasson